On le pressentait depuis ses débuts au Championnat du Monde, il y a un peu plus de deux mois de cela : Marc Márquez est né pour devenir l’un des grands pilotes du motocyclisme espagnol. Donington Park a savouré la course du petit Márquez, pleine d’insolence et de fougue, attitude qui l’a mené tout droit à la troisième place sur le podium et l’a inscrit par là même dans l’histoire de ce sport. Márquez est devenu le second plus jeune pilote à grimper sur un podium du Mondial, et a retiré à cette occasion à Dani Pedrosa son statut de plus jeune espagnol finaliste d’une course parmi les trois premiers. Un titre inoubliable.
Mais ce ne fut pas le seul bonheur du GP Britannique pour les pilotes
Haulotte. Tito Rabat, de retour, après son accident de Barcelone, et a démontré tout son talent. Rabat a terminé onzième après avoir passé une bonne partie de la course dans le peloton de tête. De même que Julito Simón, qui a décroché la huitième position.
Une étoile est née

A 15 ans et 126 jours, Marc Márquez devenait ce dimanche le second plus jeune pilote de l’Histoire à monter sur un podium, derrière le Vénézuélien Iván Palazzese, qui avait également réussi, chez lui, en 1977, à terminer troisième, à seulement 15 ans et 77 jours. Et Márquez a réussi du même coup à devancer Pedrosa, devenant le plus jeune espagnol à décrocher cette place. Un exploit dont la première pierre avait été posée vendredi par le pilote
Haulotte, alors qu’il terminait huitième aux entraînements officiels.
“J’ai tourné à un bon rythme et réalisé un bon temps. Je progressais petit à petit, mais j’étais conscient que je devais rester calme, parce que la logique voulait que les temps baissent le samedi”. L’arrivée de la pluie a changé la donne. Márquez a profité du second tour sur surface mouillée pour affûter ses capacités, sur ce type de sol, pensant à la pluie qui risquait d’apparaître le dimanche.
“C’était très compliqué car la piste n’avait pas de grip. En plus, je suis tombé deux fois”. Par chance pour lui, la course allait se dérouler sur sol sec, mais le vent inquiéta le pilote Haulotte, condition climatique très défavorable pour quelqu’un d’aussi léger que lui. Le dimanche fut son grand jour. Il se plaçait directement troisième dès le départ, et a su rester en tête tout le long, dans un groupe de pilotes bien plus expérimentés, où tout le monde jouait le tout pour le tout. Márquez s’est accroché dans le sillage du leader Mike Di Meglio, qu’il n’a pas lâché jusqu’à la fin. Par moments, il réussissait à dépasser le Français pour disputer la deuxième place, mais il n´a pu devancer son rival. Peu importe. Marc terminait troisième en laissant bouche bée tous les témoins de cet exploit, laissant ainsi son empreinte sur l’histoire des championnats.
“J’ai tout donné et tout s’est bien déroulé. Je suis comme sur un nuage, vraiment heureux. Je sais que je suis entré dans l’histoire du motocyclisme espagnol, mais ce n’est pas cela qui m’importe vraiment. Mon objectif est de continuer à apprendre et à passer des bons moments. Et réussir à devenir un jour champion du monde”.
Le retour de Tito

Apès une grande frayeur sur le Grand Prix de Catalogne, et plusieurs examens médicaux, les médecins ont autorisé Tito Rabat à participer à la Course du GP d´Angleterre. Et Rabat a profité de cette opportunité. Il terminait treizième aux entraînements, après que la pluie ne modifie ses plans pour le samedi, et avoir vécu une première journée centrée sur la récupération de ses sensations sur la moto.
“L’objectif était de sortir et de tourner pour voir si j’étais prêt ou non à courir. Les choses se sont bien passées et j’ai pu m’améliorer petit à petit. L’idée était d’y aller par paliers, d’améliorer progressivement mes temps et de monter en positions pour tenter d’obtenir la meilleure classification sur la grille de départ le dimanche”. Pendant la course, Tito était de ceux qui prenaient la tête des essais dès le début, prouvant ainsi sa grande motivation pour décrocher un bon résultat. Il a cependant connu quelques difficultés mais est parvenu à retrouver le plus important : ses sensations de course et parvenir tout de même à conquérir la 11ème place.
“La course a été très difficile et tendue. J’ai réalisé un bon départ et lutté dans le peloton de tête, jusqu’à ce que je me fasse doubler dans la courbe numéro quatre. Là, j’ai perdu le fil et je n’ai pas pu continuer. Le groupe qui nous suivait m’a rejoint, il y a eu beaucoup de compétition. Mais je suis content, car nous avons vraiment fait un pas en avant. Ça faisait plusieurs courses que je ne faisais rien, et ici j’ai recommencé à batailler comme j’aime. En prenant confiance, et en y allant pas à pas je vais progresser. Ceux de devant ont été plus rapides que nous, et la raison n’était pas mécanique. Parfois il faut accepter de perdre”.
Bonnes sensations pour Simón

Julito Simón était confiant pour la course d’Angleterre, un circuit où il avait décroché en 2005 sa seule victoire pour l’instant dans le Mondial. La pluie n’a pas sévi le vendredi, laissant les pilotes en paix, ce qui leur a permis de profiter pleinement d’une journée complète d’entraînements, dans de bonnes conditions. Julito, utilisant de nouveau le châssis standard sur sa KTM, décrochait une bonne septième position, améliorant au passage ses sensations par rapport aux Grands Prix précédents. “La moto répondait mieux que dans d’autres courses et je voulais profiter du ‘feeling’ que j’avais avec ce circuit pour me placer le plus haut possible. Pour ça, il fallait que je m’améliore un peu dans la deuxième partie, et que je termine d’affiner la moto et moi-même, car j’avais besoin d’améliorer un peu ma vitesse dans certaines courbes”. Mais la pluie du samedi devait frustrer les intentions du pilote
Haulotte.
“Le matin comme l’après-midi nous avons tourné sur piste mouillée, ce qui fait que les temps du vendredi sont ceux qui ont finalement été pris en compte sur la grille. Je me suis concentré sur une série de tours pour prendre le rythme et voir comment évoluaient les choses. J’étais assez à l’aise et j’avais de bonnes sensations avec la moto. Mais j´espérais que la course se déroule sur sol sec”. Et c’est ce qui s’est passé. Même si la pluie devait céder la place à des vents violents qui ont freiné le rendement des pilotes, Julito effectuait un très bon départ et, dès le début, il disputait sa place vers le podium. Mais une défaillance sur le pneu arrière, et des douleurs au bras devaient finalement l’éloigner des premières places. Simón a lutté contre des pilotes comme Debón ou Aoyama, pour terminer à la huitième place.
“Le départ a été bon et pendant les premiers tours, j’étais devant. Mais j’ai tout de suite remarqué que mon pneu arrière avait un problème. Malgré ça, j’ai tenté de résister. Après dix tours, j’étais toujours dans le groupe, mais je peinais beaucoup à les suivre, et en plus, je ressentais de nouveau des douleurs dans mon bras. J’avais du mal à maintenir le rythme et la concentration. On m’a doublé petit à petit, et j’ai terminé derrière Debón et Aoyama. Le bilan n’est pas mauvais, sachant qu’on a lutté tout le week-end pour être devant. Cette course n’a pas fait partie des meilleures, mais on va persévérer”.
Le Mondial va encore vivre deux courses consécutives. Pas de repos donc, et la majorité des pilotes se sont envolé directement vers la Hollande, où sera disputée ce samedi une nouvelle course, sur le circuit d’Assen.