Les résultats finaux ne le montrent pas forcément, mais les trois pilotes
Haulotte ont été les acteurs d’un émouvant dimanche de course sur le circuit du Mans. La pluie a fini par faire son apparition sur le tracé français, affectant essentiellement les 125 et, dans une moindre mesure, les 250. Julito Simón a terminé huitième de sa course, ceci après avoir atteint la deuxième position sur le circuit et passé une grande partie des essais à lutter contre le Japonais Yuki Takahashi pour une place sur le podium. En 125, Marc Márquez a été poussé, après avoir effectué un départ spectaculaire qui l’a placé dans les premières places de la course, pour sa troisième épreuve du Mondial. Et Tito Rabat a fait un grand pas en avant qui lui a permis d’entrer dans le peloton de tête en huitième position, même si une chute causée par la pluie a mis fin à ses espoirs alors qu’il était premier.
Frôler le podium

Simón entamait avec enthousiasme le Grand Prix de France après s’être reposé chez lui et effectué un gros travail de rééducation de ses avant-bras, afin d’éviter les problèmes que lui avaient posé ce handicap lors des rendez-vous précédents. Pendant les premiers entraînements, Julito obtenait très rapidement une bonne mise au point de sa KTM, ce qui lui a permis de se placer dès le début dans les bonnes positions.
“Les entraînements ont été beaucoup plus positifs que les premiers jours des autres circuits. Dès le début, nous avons trouvé le bon rythme et les réglages parfaits pour Le Mans. Le matin j’étais bien placé, puis j’ai terminé sixième. De toute façon, on devait encore ajuster quelques petits détails, essentiellement au niveau du moteur, qui était un peu trop agressif”. La moto de Simón était la meilleure des trois KTM qui concourent dans la même catégorie. Lors des entraînements officiels du samedi, la pluie a fait son apparition, les pilotes ont tout de même pu profiiter de 15 minutes de sol sec en fin de session. Peu de temps pour Julito, qui ne pouvait pas améliorer sa prestation du samedi.
“La météo nous a joué des mauvais tours. J’ai perdu un peu de temps et de rythme, et j’ai juste réussi à égaler ce que j’avais déjà fait le vendredi. Malgré tout, la moto me donnait de meilleures sensations, ce qui me rendait confiant pour la course”.
La grille de départ du 250 devait se transformer le dimanche en véritable chaos. La pluie tombée pendant le 125 avait laissé une piste mouillée, mais sur le point de sécher. Et le choix des pneus pouvait devenir déterminant. Simón, depuis sa septième place, effectuait un bon départ. Tranquillement et petit à petit pour éviter les chutes, le pilote
Haulotte remontait et se plaçait en troisième position. Après quelques tours, il était dans la roue du deuxième et, ensemble, ils créaient l’écart avec leurs poursuivants. Julito traçait sa route vers le podium. Mais une panne mécanique inattendue devait pourtant hypothéquer sa grande prestation.
“J’étais convaincu que je luttais pour le podium, car je réalisais une bonne course, Je suis bien sorti et suis resté tranquille les premiers tours effectués sur piste mouillée. La piste a séché progressivement et j’ai commencé à tourner plus rapidement, j’avais de bonnes sensations, mais à la moitié de la course, j’ai eu un problème avec le frein arrière. La moto a commencé à perdre de l’huile et il est devenu impossible de la piloter car le repose-pieds glissait, je ne pouvais pas freiner correctement, et dans plusieurs courbes j’ai eu quelques frayeurs. Malgré tout, j’ai pu terminer huitième. Ce n’est pas le résultat que je visais, mais je repars satisfait”.
Nouveau châssis, nouvelles perspectives

Tito Rabat avait beaucoup souffert au début de l’année avec sa nouvelle KTM. Et il a trouvé en France les remèdes à ses maux. L’entreprise autrichienne lui a permis d’être le premier de ses pilotes à monter un nouveau châssis, ce qui a fini par rendre le sourire au jeune pilote
Haulotte. Dès le premier entraînement du vendredi, Rabat a été de nouveau repéré dans les premières places des classifications.
“Vendredi j’ai eu la sensation que nous sortions enfin du tunnel. Dès le premier entraînement, j’ai tourné facilement, ce qui m’a permis de me placer tout le temps parmi les huit premiers. Le samedi matin a été plus compliqué à cause des conditions de la piste, et j’ai fini par tomber. L’entraînement officiel a été très bizarre dès le début et je n’ai pas pu m’améliorer. Je me suis placé dixième sur la grille, mais avec de bonnes sensations”. La performance de Rabat pendant la course a été fantastique, lors d’essais étranges qui ont dû être interrompus au quatorzième tour à cause de la pluie, en laissant deux courses. Lors de la première, sur sol sec, Tito s’est placé dans le groupe de tête, avec les meilleurs pilotes de la cylindrée, en faisant preuve d’une grande détermination et agressivité sur chaque manœuvre. L’interruption a ruiné ses espoirs de décrocher un grand résultat, même s’il devait rapidement récupérer la concentration. Le début de la deuxième course fut spectaculaire. Après un grand départ, Rabat se plaçait premier, mais les conditions de la piste ont fini par mettre à terre le pilote
Haulotte.
“Pour la première course, j’ai commencé neuvième et avec un bon départ je me suis placé quatrième. Il est vrai que la moto s’est beaucoup améliorée, surtout dans les courbes. C’est vraiment dommage qu’il ait commencé à pleuvoir et que la course soit arrêtée. Dans la seconde partie, je suis sorti septième et j’ai très bien démarré. J’étais premier, mais j’ai été doublé dans la deuxième courbe, j’ai tenté de rectifier dans la seconde et en mettant un peu les gaz, et je suis tombé. De toute façon, je crois que le week-end a été très positif, parce que j’ai récupéré ma confiance et je sais comment je l’ai fait, pas comme l’année dernière où j’ai obtenu un bon résultat, sans plus. Cette fois j’ai dû le travailler”.
Márquez laisse une nouvelle fois son empreinte.

Même s’il n’a pu terminer la course, Marc Márquez a de nouveau brillé pendant sa troisième course du Mondial. Comme le veut la logique, et comme il s’agit de sa première visite au Mans, il a dû dédier les entraînements à l’apprentissage du tracé français.
“C’était un circuit nouveau pour moi. Le premier jour, j’ai dû travailler beaucoup sur la moto, pour trouver une bonne mise au point. Ça a été difficile et j’ai même chuté. Le samedi n’a pas été la meilleure journée, parce que nous avons dû faire des modifications techniques, mais elles n’ont pas fonctionné comme nous le pensions. Ce qui a fait que la moto n’a pas été parfaite pour la course”. Márquez a surmonté les adversités et, après un bon travail pendant le warm up, il se préparait à réaliser une grande prestation pendant l’épreuve. Depuis le rang 20 de la grille de départ, il devenait le protagoniste d’une sortie éclair qui le plaçait, en quelques courbes, en septième position Un rêve. Le pilote
Haulotte devait souffrir un peu pour maintenir le rythme de tête mais, grâce à ses qualités, il a résisté. Jusqu’à ce qu’un autre pilote, le Japonais Koyama, l’emboutisse à l’arrière et mette fin à ses espoirs.
“Ça ne s’est pas bien passé car je suis tombé. Mais nous devons rester positif, pendant tout le week-end nous avons progressé petit à petit. En course, j’ai réalisé un très bon départ, et au premier passage sur la ligne j’étais sixième. Après, j’ai maintenu la distance avec le groupe de devant. Et alors, je ne sais pas si je suis tombé ou si on m’a poussé, mais le fait est que j’ai terminé par terre. Pendant tout le week-end, l’équipe comme moi-même avons effectué un bon travail, et je souhaite les remercier, car ils ont fourni un énorme effort pour me permettre de rouler le plus confortablement possible”.
La prochaine course sera disputée en Italie, le 1er. juin, sur le superbe circuit de Mugello. Une bonne opportunité pour les pilotes
Haulotte de confirmer les progrès effectués pendant ce Grand Prix de France.